Axes de reflexions

Par Raphaële Bertho
Juin 2009

Il s’agit de proposer quelques réflexions générales suscitées par les articles déjà publiés.

De la feuille à la Toile, les nouveaux modes de diffusion des images

Le statut accordé à l’image dans la transmission de l’information a pu être envisagé dans un cadre d’étude stable tant que l’on s’est intéressé à la presse imprimée et au support papier. Les changements radicaux intervenus ces dernières années, du fait de la généralisation d’Internet, ont considérablement modifiés les données de l’analyse.

Publiées sur les sites des agences, sur des sites d’informations, sur des plates-formes d’échanges de données ou des blogs personnels, les photographies appartiennent désormais à des environnements éditoriaux multiples et complexes. L’image prend sens à l’intérieur d’un contexte élargit, où elle côtoie du texte, l’article et sa légende, mais aussi de la vidéo ou de l’hypertexte, à travers les liens tissés vers d’autres sites. Ces transformations nécessitent une nouvelle réflexion sur le discours iconographique élaboré dans les différents médias, qu’ils soient militants ou d’information.

D’autre par, cette recherche sur la mise en image du mouvement universitaire s’est développée au moment même où celui-ci prenait de l’ampleur. Certaines études adoptent une approche analogue, mais à plusieurs semaines d’écart, et soulignent ainsi l’évolution des modalités de la médiatisation photographique du mouvement. Nous avons travaillé « en temps réel ». Le support même d’une grande partie de la recherche, l’image sur le Web, exigeait une grande réactivité. En effet, si depuis quelques années les publications sur le Web font l’objet en France d’une sauvegarde par la Bnf et l’INA, cet archivage est partiel et demeure en grande partie inaccessible aux chercheurs.

Les nouveaux réseaux de diffusion des images

Les images circulent selon de nouveaux schémas à la fois entre les différents médias et en direction du grand public. En effet, une photographie publiée dans la presse écrite n’est généralement vue que par les lecteurs dudit journal. Les journaux gratuits, distribués chaque matin aux passants renouvellent déjà la façon de mettre en circulation des images. Les possibilités d’accéder à une photographie publiée sur la Toile sont, quant à elles, incroyablement plus diversifiées. De plus, les images mises en ligne par les grandes structures de presse sont, potentiellement, consultables aussi facilement que les photographies postées depuis un blog personnel ou sur un site militant. Ce libre accès aux images ouvre un champ de recherche nouveau du point de vue de la réception.

Dans le cadre des travaux ici publiés, du fait du quasi-monopole de Google, les résultats obtenus grâce à ce moteur de recherche permettent d’analyser les images qui sont potentiellement les plus accessibles pour le grand public

La photographie de manifestation est-elle un genre?

Dans un premier temps, c’est l’objet même de la recherche, la photographie de manifestation, qui est questionné. En effet ce type de photographie de presse n’a jamais été véritablement considérée comme une catégorie autonome par l’histoire de la photographie.

Bien qu’omniprésente, la mise en image des démonstrations collectives n’a guère fait l’objet d’analyses particulières. Au contraire des photographes de guerre, élevés au rang de héros des temps modernes à travers la figure de Robert Capa, les photographes qui battent le pavé lors des démonstrations collectives sont plutôt les « soutiers » de la profession. L’image de manifestation n’accède au Panthéon des images de presse que lorsqu’elle se fait icône, rappelant à la mémoire collective « Le 28 Juillet : La Liberté guidant le peuple »de Delacroix (Salon de 1831), ou lorsqu’elle se rapproche de l’esthétique de la guerre, ou plus exactement de la guérilla urbaine. Quelques photographes, William Klein ou Chris Marker, des collectifs comme l’Oeil public ou Tendance floue, ont certes fait entrer les images des manifestations dans la sphère de la photographie contemporaine, mais la démarche demeure exceptionnelle. Les clichés de manifestations sont la plupart du temps mêlés au flot continu de l’actualité.

Cette forme d’enregistrement photographique présente cependant des aspects formels nettement identifiables. Du point de vue de l’analyse esthétique, la photographie de manifestation appartient à deux régimes de représentation imbriqués l’un dans l’autre. D’une part, elle s’intègre au circuit de l’image d’information, répondant à des exigences de clarté et de « lisibilité ». La composition doit dans ce cas être simple et efficace, afin d’accrocher le lecteur. D’autre part, parce qu’il s’agit de mettre en image un événement lui-même codifié dans son déroulement et en ses attributs, ce genre présente des motifs spécifiques. Photographier une manifestation revient à saisir une mise en scène aux motifs attendus et répétés, selon une typologie pratiquement toujours identique.

Quelques-unes des analyses regroupées ici cherchent à identifier ces différents motifs dans les images diffusées par les photographes professionnels ou amateurs. La reprise des mêmes motifs démontre que la photographie de manifestation est un objet de recherche pertinent.

One response

22 09 2009
Nina_Tool

tres intiresno, merci

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