L’oeil du spectateur

14 04 2009

Par Morgan AMARA-KORBA

Notre objectif étant d’analyser  les photographies de manifestations, il faut  constituer un corpus d’images et définir l’angle d’attaque  .Notre choix s’est porté sur les journaux de grande diffusion ainsi que les sites d’informations afin de savoir comment ils retranscrivent les manifestations. C’est une manière de cibler la recherche à un certain type de photographies, en l’occurrence des photographies publiées à  la différence de photographies diffusées sur des sites personnels (blogs) ou sur les photothèques. La sélection des photographies est subjective puisque l’objectif premier est de savoir comment, du point de vue d’un spectateur, telle ou telle image retient-elle notre attention. Quels sont les éléments qui accrochent notre regard?
À partir d’un certain nombre de critères tels que la composition de l’image ou le cadrage, nous pouvons distinguer deux types d’images: les mouvements de foule et les portraits. Ces deux types d’images ont des effets différents, elles suscitent des réactions différentes. Comment, de deux manières différentes, les photographies de manifestation  captent elles l’œil du spectateur?
Notre but n’a pas été de choisir de bonnes images (bon cadrage, choix des couleurs, effets produits…),  il s’agit plutôt de restituer un certains nombre de photographies de manifestation et de repérer ce qui les différencient des autres,  ce qui se remarque davantage.

I La foule.

Benoit Tessier/ Reuters


Figure 1

C’est une photographie de manifestation étudiante provenant du site d’information Lepost.fr. Il est donc destiné à un public qui veut s’informer. Cette photographie a été recueillie par Benoît Tessier/ Reuters. Reuters est une agence photographique, dite filaire (de téléphotographie) c’est à dire une structure qui gère et distribue des photographies. Avec l’AFP (agence France presse) et l’AP (Associated Press), elle est l’une des agences photographiques la plus connue et la plus utilisée par les journalistes. Cette image montre un rassemblement de personnes derrière une banderole de couleur blanche en tissu portant le slogan« insurrection lycéenne 92 Michelet». À première vue, les thèmes de cette photographie renvoient à la joie, à une ambiance bonne enfant.
Cependant, nous pouvons identifier les motifs d’une manifestation: la multitude et le mouvement de foule, les proportions (les personnes prennent plus de la moitié de l’image sur le plan horizontal), les affiches, les banderoles. Tous ces éléments indiquent que nous sommes dans une manifestation.
L’image suscite le plaisir et la joie grâce aux sourires observés au premier plan mais suggère aussi une prise de position et le mouvement de contestation. Au premier plan, à droite, une jeune femme tient un mégaphone : Cela indique qu’elle veut scander un message pouvant être entendu par le plus grand nombre. Au premier plan, au milieu, une autre jeune femme porte une échappe rouge: cette couleur est celle qui attire davantage le regard, il peut également renvoyer à la lutte.  La banderole noire et rouge sur fond blanc attire l’œil ; elle est clairement lisible et est sans doute l’élément que l’on remarque en premier lorsque l’on regarde cette image.

Les aspects extérieurs.
La construction: l’image se lit horizontalement (format paysage). Nous pouvons distinguer la banderole blanche en bas de l’image, la première rangée de personnes, l’affiche et enfin les bâtiments (vue hors manifestation).
Le cadrage: le plan est général, ce qui permet d’avoir une vision globale de la manifestation. Le but est de voir un ensemble de personnes et de pouvoir identifier les différentes affiches.  L’angle de vision est normal, ce qui signifie que la photographie a été prise à hauteur des yeux. Cela permet de se mettre au niveau des personnes figurant sur l’image. L’éclairage est de jour; l’action se passe donc en journée. L’image ne joue pas sur les contrastes ou sur les jeux d’ombres. Quant aux effets techniques, nous pouvons observer une profondeur de champ moyenne, c’est à dire que la netteté est appréciée sur la moitié de l’image (à l’horizontal) de façon à voir les personnes du premier plan. En revanche ce qui se passe derrière la banderole est plus flou; d’une certaine façon c’est une manière de gommer les éléments qui ne font pas partie de la manifestation comme les bâtiments ainsi que les feux de signalisations (à gauche de l’image), le panneau bleu et les arbres (à droite de l’image).

La mise en œuvre.
L’image ne fait pas d’effets particuliers, elle se veut objective. Grâce à l’étude de la composition et du cadrage nous pouvons remarquer que la photographie ne joue pas sur l’angle de vision ou sur l’échelle de plan. Elle aurait pu être prise en contre plongée  ou centrer sur un élément précis. De plus nous pouvons identifier les personnes donc l’image ne crée pas de mystère (zones floues ou zones d’ombre). C’est pour cela que l’image restitue la manifestation de manière simple et réaliste. Elle n’en est pas moins différente et moins intéressante que les autres photographies.
L’image fait référence à des lycéens (identifiables grâce au slogan). Le spectateur à souvent l’image de lycéens comme des contestataires ou plus simplement des étudiants qui veulent revendiquer quelque chose.
Nous l’avons dit, les sentiments sont davantage tournés vers la joie et l’enthousiasme, ce qui peut parfois être en contradiction avec l’action menée.
Ainsi, cette image ne requiert pas de procédés pouvant la mettre plus en valeur. Le seul élément qui se distingue vraiment c’est le contraste entre l’ensemble des personnes et l’affiche blanche, rouge et noire. Ces couleurs associées ensemble accrochent le regard.
Pour conclure, cette photographie de manifestation étudiante se distingue par le choix des couleurs et  le cadrage qui donne un mouvement de foule. Elle relate tout simplement les faits puisqu’elle est issue d’un site d’information. Elle ne symbolise pas la force d’une manifestation et se veut plutôt décontractée et donne l’image d’une  manifestation inoffensive, peu virulente.

Jean-Paul Pelissier / Reuters
Figure 2

C’est une photographie de manifestation étudiante (et enseignants) qui provient du site de Paris Match de Jean-Paul Pélissier/Reuters. Paris Match est un magazine de grande diffusion destiné à un public qui désir se tenir au courant de l’actualité. Encore une fois, cette image est d’une agence photographique (Reuters). Cela montre que deux types de médias puisent dans une même agence. Cette image montre une multitude de personnes avec une multitude de banderoles. Le thème principal  de cette photographie est la contestation comme l’ensemble des photographies choisies mais les émotions ne sont pas clairement identifiables. En effet, les visages n’expriment pas ou peu de sentiments. Certains regardent ailleurs, d’autres regardant l’objectif avec un certain étonnement. Les personnes se parlent entre eux. La photographie est témoin de la situation.
Nous pouvons identifier les motifs tels que la foule, les affiches, les banderoles. La première en bas est blanche et écrite en noir et rouge. Cette association de couleurs est donc un facteur important puisque c’est celui qui est largement utilisé et qui prouve son efficacité. Ce sont vers ce type d’images que nous sommes attirés. Le même type d’affiche se trouve en haut à droite de l’image. À gauche, une banderole blanche écrite en orange fluorescent attire le regard. Une succession de drapeaux noirs et orange sont tendus à gauche du tableau. D’autres pancartes blanches sont dispersées un peu partout dans la masse. Les couleurs utilisées ici sont le rouge, le orange, le noir. Elles sont très importantes d’un point de vue visuel car se sont des couleurs vives  (Rouge et orange).Cette image a les mêmes caractéristiques  que la précédente à l’exception qu’elle multiplie et décuple chaque élément. L’impression de foule est multipliée par trois, le nombre d’affiches est nettement supérieur.
L’image suscite à première vue la surprise et l’étonnement du fait qu’il y ait autant de monde. Les banderoles sont les éléments qui encore une fois  se distinguent de la photographie.

Les aspects extérieurs.
La construction: la lecture se fait à l’horizontale au format paysage.
Le cadrage: si l’on regarde l’échelle de plan, nous avons une vue d’ensemble qui fait que nous pouvons observer beaucoup de personnes. Au niveau des proportions, les personnes prennent la quasi totalité de l’image. L’angle de vision est à hauteur des yeux mais ce qui est intéressant c’est que les personnes ne sont pas sur le même plan. Les personnes du second plan paraissent plus élevées que les personnes du premier plan. Peut être que les manifestants sont sur des escaliers, ce qui donne cette impression de profondeur. Comme pour l’image précédente, L’éclairage est de jour. Nous avons les mêmes aspects que pour la photographie de lepost.fr.
Quant aux effets techniques, nous pouvons observer une forte  profondeur de champ puisque la zone de netteté est étendue ; seules les personnes du fond sont légèrement floues.

La mise en œuvre
L’image se veut informative, elle relate les événements qui se sont déroulés. Elle n’accumule pas les procédés techniques. La situation renvoie donc aux étudiants manifestants mais aussi aux enseignants chercheurs engagés dans le même combat. Les slogans sont assez évocateurs d’une prise de position «en grève», «non […]», «contre […]».
L’expression des sentiments est neutre. Comme nous l’avons dit, la photographie n’a pas été mise en scène, les manifestants sont occupés à autre chose, ils regardent dans des directions différentes. Nous n’avons pas de lien direct avec les yeux du fait qu’il n’y ait pas de gros plan. Certains ont des lunettes de soleil. Du coup, cela atténue la force de l’image car nous ne pouvons pas clairement voir les émotions des personnes.
La photographie est intéressante pour le mouvement de foule et l’impression qu’il y a d’autres personnes au delà de l’image (en hors champ). Les banderoles sont aussi importantes car elles captent notre attention du fait de la quantité et de l’utilisation des couleurs.
Nous remarquons que pour ce type de photographie (mouvement de foule), les même éléments sont utilisés et proviennent de la même agence photographique. Peut être que c’est ce type d’image qui est recherché et qui restitue le mieux les manifestations.

Le Figaro/Source inconnue

Figure 3

C’est une photographie de manifestation issue du magazine Le Figaro (sur leur site) et de source inconnue. C’est à dire que la photographie peut très bien avoir été prise par un photographe amateur. Cette image montre précisément un groupe de personnes en train de manifester.  Cela veut dire que nous voyons des personnes en pleine action. Comme les photographies précédentes nous voyons une banderole blanche en bas de l’image avec inscrit «une fac critique». Des drapeaux peuvent être reconnaissables grâce à leurs couleurs (noir et orange). Les manifestants crient et ont le bras levé.
Les thèmes sont ici la révolte, le combat, la colère. Les motifs ne sont pas les mêmes puisque le mouvement de foule n’est pas aussi accentué que dans les autres images même si nous devinons qu’ils doivent être nombreux. L’image du poing levé est un élément très important car il donne le ton : la manifestation paraît  virulente, peut être violente. Les manifestants ont l’air déterminés. Les cris et le regard vers le ciel sont aussi des signes d’une manifestation et suggère d’autant plus  l’interprétation. Le taux d’iconicité est fort: l’image arrive à nous faire entendre les cris des manifestants et la force de leurs propos. Le poing levé indique qu’ils sont dans l’action. Nous
Sommes donc au cœur de la manifestation.
Ainsi l’effet produit est la colère et la révolte. Nous ressentons ce qu’ils expriment. L’image est explicite, nous n’avons pas de problème de compréhension: l’intention des manifestant est claire.

Aspects extérieurs
La construction: l’image est au format paysage. Pour ce qui est du cadrage, le plan moyen ressert le champ à ces quelques personnes qui crient. Notre attention se porte que sur ces manifestants. Cela produit un effet différent des autres images car il concentre notre regard sur ce qui est essentiel.  L’image aurait pu être davantage en gros plan. Mais si cela avait été le cas nous n’aurions pas pu voir le nombre de personnes. Un seul individu qui crie et qui a le poing levé a moins de force que tout un groupe. Sur cette image nous comptons environ six personnes dans le même mouvement et la même attitude. Le fait d’avoir un plan moyen invite le spectateur à croire qu’il y en a beaucoup plus. Le gros plan dévoilerait qu’une ou deux personnes, et le plan général aurait peut être montré que seulement cinq personnes ont cette attitude et que les autres ont une  attitude plus discrète. L’angle de vision est à hauteur des yeux. Il n’y a pas d’effet recherché, l’action des manifestants suffit à elle même. Il y a une forte profondeur de champ puisque l’ensemble des personnes est net.
Ainsi, cette image se distingue par la force qu’elle dégage. Les cris et les poings levés orientent  davantage le spectateur sur  ce que signifie la photographie. Elle prend position, elle n’est pas passive.

II Les portraits

Reuters

Figure 4

C’est une photographie parue sur le site du journal Libération, provenant de l’agence Reuters. Le journal Libération est connu pour sa prise de position et par la quantité importante d’images. Libération est un journal de grande diffusion. Le choix des photographies est essentiel parce qu’elles doivent refléter l’impression générale d’un bref coup d’œil.
Nous pouvons voir sur cette image un ensemble de personnes qui, à première vue, pourrait n’être qu’un rassemblement. En effet ils ont l’air joyeux et ne semble pas manifester. En revanche, les banderoles blanches écrites en rouge nous orientent sur la nature du rassemblement. Il s’agit d’une manifestation sans doute étudiante puisque nous voyons «fac» écrit sur l’une des banderoles au second plan.
Cette photographie ne reprend pas l’ensemble des motifs de manifestation que nous avons pu voir dans les images précédentes. Seules les banderoles, nous l’avons dit, peuvent nous indiquer qu’il s’agit d’une manifestation. Le blanc est ce qui se distingue sur cette image car l’ensemble des couleurs tend davantage sur des couleurs sombres. Une banderole blanche attire le regard, d’autant plus avec les écritures rouges.  Nous distinguons une banderole en bas de l’image, au premier plan. Nous ne pouvons pas lire le slogan. Une deuxième banderole au second plan est plus lisible et se remarque davantage. Enfin, une pancarte au fond à droite de l’image sur fond blanc est remarquable mais est trop loin pour qu’elle puisse véhiculer un message.
Ainsi, cette photographie ne semble pas être intéressante puisqu’il n’y a pas de mouvements, les manifestants n’ont pas l’air de revendiquer quelque chose. Et pourtant, cette image est esthétique car contrairement aux autres images analysées, elle présente des caractéristiques différentes et joue sur des effets techniques.

Aspects extérieurs.
La lecture de l’image est horizontale et les manifestants prennent plus de la moitié de l’image. Le plan est général ce qui permet d’avoir un large champ de vision. L’angle de vision est à la hauteur des yeux. Pourtant, plusieurs détails nous font attirer notre regard sur cette jeune femme au premier plan. Les deux bâtiments au second plan sont en forme de <. Ils forment deux traits obliques et convergent en  un point. La jeune femme se trouve justement au niveau de ce point, ce qui fait que nous la remarquons. Comme si les bâtiments cadraient l’image à l’intérieur même du cadre de l’image. Ensuite, les manifestants sont couchés à terre.  Cela implique un message: ils montrent leur revendication comme des personnes qui font un barrage humain. Cela a une forte charge symbolique. Seule la jeune femme est légèrement penchée vers l’avant. De plus, la profondeur de champ est faible puisque tout le reste de l’image sauf la jeune femme est flou. Nous ne voyons ni les visages, ni les affiches au second plan. La seule personne nette est la femme du premier plan. Nous la remarquons donc davantage comme si on avait zoomé sur cette personne.

Que représente -elle?

Le portrait d’une jeune femme est toujours apprécié par les journalistes et par les spectateurs. Elle représente l’image de la Marianne française. De plus, cette personne au premier plan regarde vers la droite. Même si la photographie est prise de face, nous avons l’impression qu’elle est prise en diagonale. Ainsi cette personne semble regarder vers l’avenir, le bras tendu dans la même direction. Enfin, c’est elle qui porte la banderole blanche et rouge, c’est elle qui porte le message.
Pour conclure, cette image est esthétique parce qu’elle ne ressemble pas aux autres photographies et elle  joue sur les formes et les impressions. Cette large zone floue pour ne laisser que cette jeune femme, est soulignée par ces bâtiments obliques. L’ensemble des personnes couchés renforce l’image de cette jeune femme légèrement penchée  et formant une courbe. Cette image véhicule un message, elle symbolise la jeunesse et l’espoir. Le photographe n’a sans doute pas pris cette photographie dans l’unique but d’informer. Il a du remarquer que cette prise de vue était différente des autres.

M6 info

Figure 5

Cette photographie témoigne  visiblement d’une manifestation étudiante. Elle est consultable sur le site M6info.fr de source inconnue. Le site en question est avant tout le site d’une grande chaîne de télévision mais il publie des articles relatant l’information. La plupart des lecteurs ne se dirigeront pas en premier vers ce site d’information. Mais il est intéressant de le regarder de plus près  car nous trouvons parfois des images qui méritent d’être vues et diffusées au plus grand nombre. Prenons l’exemple de cette photographie prise en 2007. Cette image montre deux jeunes femmes au premier plan, en train de crier et plusieurs personnes au second plan derrière une banderole.
Cette image est riche d’éléments indiquant qu’il s’agit d’une manifestation. Les deux personnes du premier plan crient et tiennent un drapeau français. Au second plan nous voyons une banderole blanche et un poing levé. Une autre banderole en arrière plan se distingue par ses couleurs blanches et rouges. La couleur rouge est d’ailleurs largement représentée. Nous la retrouvons sur  le drapeau français, sur le bonnet de la jeune femme au premier plan et  sur les nombreux stickers collés sur des pancartes ou sur les vêtements. Nous sommes au cœur de l’action et nous nous imaginons facilement les cris et l’exultation. En effet, la jeune femme au premier plan à gauche met sa main prêt de la bouche comme pour que sa voix porte davantage.
Ainsi cette image suscite la colère, le ras le bol ; nous saisissons la violence et la force de leur combat.  Les visages sont graves, aucun sourire n’apparaît. L’image est sérieuse.

Aspects extérieurs.
Le plan est horizontal et centré essentiellement sur les deux jeunes femmes du premier plan.  L’image est cadrée de façon à ce que l’on soit directement plongé dans la manifestation. À peine un morceau de bâtiment est visible au second plan à droite de l’image. Du coup, nous nous concentrons sur l’action. L’angle de vision est légèrement en diagonale et renforcé par le drapeau français, placé horizontalement au premier plan. Nous retrouvons l’idée d’avancée vers le futur, l’idée de progression. Les manifestants sont en mouvements. La zone de netteté est large puisque nous pouvons voir nettement l’ensemble de l’image.

Mise en œuvre.
Cette image est intéressante parce qu’elle est sans doute la photographie la plus engagée et la plus virulente de toutes les images analysées. Et pourtant le combat n’est visiblement pas le même. Nous retrouvons l’image de la Marianne, cette jeune femme qui crie et étant enroulée dans un drapeau aux couleurs de la France. Si l’on regarde plus attentivement, nous pouvons lire sur son manteau un panneau d’interdiction rouge avec marqué «stop la grève». D’autres stickers sont visibles notamment sur chapeau rouge de l’autre jeune femme à gauche de l’image au premier plan, et sur des pancartes. Cette manifestation étudiante n’est donc pas contre des réformes du gouvernement ou pour tout autre combat similaire à ceux que nous connaissons. Il s’agit d’arrêter les grèves qui se sont poursuivies dans les universités dues aux blocages en 2007. La légende nous confirme notre première impression, nous pouvons lire sur le site d’information «Fillon, tiens bon!» et «les métros, au boulot». Ce deuxième slogan nous indique que cette manifestation dénonce toutes les grèves qui se sont déroulées en 2007, y compris celles des cheminots.
Les sentiments sont bien évidemment la colère. Nous le voyons grâce aux cris et à l’accumulation d’accessoires (banderoles, affiches, drapeau, stickers..). Le panneau d’interdiction est d’autant plus frappant car le visuel est immédiatement évocateur pour le spectateur. Le rouge attire le regard mais au delà de cela, le signe d’interdiction met le spectateur dans un sentiment d’infraction. Ici, le signe est détourné pour porter un message. Ce message est d’autant plus frappant: le panneau d’interdiction est complété par le mot «stop».
L’image regorge donc de procédés permettant de la mettre en valeur. L’usage des couleurs vives telles que le rouge ou le bleu attire le regard. Le message implicite fait de cette photographie une image à part. En effet au premier abord nous avons distingués tous les éléments d’une manifestation, nous avons vus des jeunes crier et une banderole au second plan avec pour seule inscription visible «grève». Ce n’est qu’après que nous avons compris qu’il s’agissait d’une manifestation antigrève. L’image des jeunes dans l’opposition est ici erronée. Cette image interroge le spectateur sur son contenu et le message qu’elle veut faire passer; il y a donc une double lecture de l’image.
Cette image est donc celle qui retient le plus notre attention par la multiplication de signes de manifestation et par la force de l’action menée par ces manifestants. Elle attire le regard par ses couleurs vives et par la construction légèrement oblique qui donne l’effet de futur. Cette image porte un message fort étonnamment contraire à ceux que l’on peut voir dans les autres photographies. Ici, il s’agit d’un mouvement antigrève.

Ces cinq photographies ont été prises dans des journaux de grande diffusion et sur les sites d’information. Rappelons qu’il s’agit des magazines Libération, Le Figaro, Paris Match et pour les sites d’information Lepost.fr et M6info.fr. Internet est désormais un outil de communication incontournable. Si nous voulons nous documenter ou nous informer, Internet est un bon moyen d’y parvenir. Nous pouvons choisir la source d’information et sélectionner ce qui nous intéresse. Ce qui est intéressant sur Internet c’est que nous pouvons consulter les articles ou les images les plus consultées. Notre recherche s’est basée essentiellement sur cela. Certaines images apparaissent dans les premières pages de la recherche  tandis que d’autres  doivent faire l’objet d’une recherche  précise, directement sur le site concerné. Internet est donc un bon outil pour notre objet d’étude. Les informations peuvent être diffusées au plus grand nombres, le service est gratuit (contrairement aux journaux papiers payants) et son accès est facile (au domicile,  dans un cybercafé, chez des  amis, dans des bibliothèques, zones wifi…).
Ce qui peut poser davantage problème est le contenu de ces images. Le contenu du site du journal n’est pas le même que le journal papier que l’on peut acheter dans les kiosques. Les journaux sont des  quotidiens, les informations doivent être restituées au plus vite. Le choix des images  dans la presse papier est donc très important  car elles doivent correspondre au mieux à l’article et pouvoir toucher un large public. Sur les sites, les mises à jour sont nombreuses. Nous avons fait l’expérience pour le journal libération. Au moment où nous l’avons consulté, il avait été mis à jour quatre minutes auparavant.  Cela indique que les dernières informations sont restituées sur le site contrairement au journal qui est édité et diffusé. Mais alors quelle réceptivité pour quelle image ? Peut on consulter n’importe qu’elle photo de presse sur internet? N’y a t-il qu’une profusion d’images ou alors une sélection ?  Une photographie n’est pas mise en ligne par hasard, elle est choisie sur des critères tels que le cadrage ou la composition de l’image. Mais du point de vue du spectateur  une image peut être plus ou moins appréciée. Cela dépend donc de la sensibilité, des éléments qui composent la photographie et de ce qu’elle suscite chez le spectateur (colère, tristesse, joie…). Nous avons donc vu deux types d’images susceptibles d’intéresser particulièrement le spectateur. Les photographies de foule sont intéressantes car elles témoignent d’un mouvement général. Elles se remarquent grâce au nombre de manifestants parfois impressionnant (figure 2). La profusion d’affiches renforce cet effet d’étonnement. Nous avons l’impression que nous sommes témoins de la situation et que nous sommes au cœur du mouvement. Nous voyons que les portraits ne véhiculent pas de la même manière le message de la photographie.  Le portrait permet de concentrer notre regard sur un seul point de l’image. Il est d’autant plus intéressant lorsque le portrait est pris au milieu de la foule et que grâce aux effets techniques (profondeur de champ, cadrage…) nous ne distinguons clairement que cette personne précisément. (Voir figure 4). Le portrait est plus facile pour la mémoire visuelle. En effet, nous nous rappelons plus facilement d’une ou deux personnes que l’on a vu dans un journal plutôt qu’on ensemble de personnes. Encore une fois cela est à nuancer car nous avons vus que chaque image est différente et qu’elles produisent des effets différents. Nous avons vu  que la foule est plus impressionnante et à plus de poids dans la multitude. Cependant, ce qu’il faut souligner c’est que l’image de la jeune femme française avec son drapeau ou sa banderole, séduit davantage car le message est instantané. Si nous revoyons figure 4 et figure 5 dans un autre contexte, nous allons sans doute nous rappeler de ces photographies grâce à cette figure de la femme de profil.

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